Prévoyance et mutuelle par convention collective : lire la grille de votre branche
En protection sociale, le texte qui commande n'est presque jamais le code du travail : c'est la convention collective, avec ses garanties minimales, ses taux et ses avenants successifs. La méthode pour la lire, et ce qui arrive quand on ne le fait pas.
Pourquoi la convention collective est le vrai texte de référence
La loi impose peu en prévoyance ; les branches professionnelles imposent beaucoup. La plupart des conventions collectives fixent des garanties minimales en décès, incapacité et invalidité, des taux de cotisation planchers avec leur répartition, des règles de maintien de salaire améliorées, et distinguent souvent les collèges cadres et non-cadres. Un contrat de prévoyance se juge donc d'abord à sa conformité à cette grille, à sa version du moment, avenants compris.
C'est aussi le texte le plus mouvant du dossier : les partenaires sociaux de branche révisent régulièrement garanties et taux, et rien n'oblige votre assureur à vous prévenir qu'un avenant vient de rendre votre contrat insuffisant.
La méthode de lecture, en quatre étapes
- Identifier la convention réellement applicable : par l'activité principale, confirmée par l'IDCC porté sur les bulletins. Une entreprise dont l'activité a évolué vérifie que son rattachement a suivi.
- Extraire le chapitre protection sociale : garanties par risque et par collège, taux et répartitions, maintien de salaire, régime santé le cas échéant, et la date du dernier avenant.
- Confronter aux contrats en place : garanties réelles, assiettes, franchises, et financement effectif en paie. L'écart se mesure ligne à ligne, pas à l'impression générale.
- Corriger et documenter : avenant au contrat, mise à jour de l'acte fondateur, information des salariés. La conformité se prouve, elle ne se déclare pas.
Recommandations d'organismes : liberté surveillée
Beaucoup de branches recommandent un ou plusieurs organismes, avec un régime négocié. Depuis la fin des clauses de désignation, cette recommandation ne lie pas l'employeur : il choisit son assureur, à condition de servir au moins les garanties de branche. La comparaison honnête regarde trois choses : le tarif du régime recommandé sur le strict socle conventionnel, souvent difficile à battre du fait de la mutualisation ; la qualité de service et de gestion ; et le coût du sur-mesure dès que l'entreprise veut dépasser le socle, terrain où les contrats de compagnie reprennent l'avantage. Selon les branches et les profils d'effectif, la bonne réponse varie, et nous la donnons dossier par dossier, y compris quand elle ne nous favorise pas.
Les branches où la vigilance s'impose le plus
Quelques familles concentrent les enjeux : les branches à régimes historiques d'institutions de prévoyance, comme le bâtiment ou les transports, où le régime de branche structure fortement le marché ; les branches de services à forte population cadre, comme les bureaux d'études, où les garanties conventionnelles sont riches et régulièrement révisées ; et les branches à main-d'œuvre nombreuse et rotation élevée, hôtellerie-restauration ou propreté, où la gestion des affiliations et des portabilités pèse autant que les garanties.
Les branches déjà détaillées sur ce site
Nous publions progressivement, branche par branche, le détail des obligations des principales conventions, avec leur date de vérification :
- Syntec — bureaux d'études (BETIC) (IDCC 1486)
- Hôtels, cafés, restaurants (HCR) (IDCC 1979)
- Métallurgie (IDCC 3248)
- Transports routiers (IDCC 16)
- Commerces de gros (IDCC 573)
- Bâtiment (IDCC 1596, 1597, 2609, 2420)
- Restauration rapide (IDCC 1501)
- Restauration collective (IDCC 1266)
- Propreté et services associés (IDCC 3043)
- Prévention et sécurité (IDCC 1351)
- Experts-comptables (IDCC 787)
- Cabinets d'avocats (personnel) (IDCC 1000)
- Pharmacie d'officine (IDCC 1996)
- Hospitalisation privée (IDCC 2264)
- Coiffure (IDCC 2596)
- Esthétique-cosmétique (IDCC 3032)
- Services de l'automobile (IDCC 1090)
- Immobilier (IDCC 1527)
- Boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843)
- Commerce à prédominance alimentaire (IDCC 2216)
- Aide à domicile (BAD) (IDCC 2941)
- Services à la personne (IDCC 3127)
- Animation (ECLAT) (IDCC 1518)
- Sport (IDCC 2511)
- Organismes de formation (IDCC 1516)
- Notariat (IDCC 2205)
- Entreprises d'architecture (IDCC 2332)
- Agences de voyages (IDCC 1710)
- Optique-lunetterie de détail (IDCC 1431)
- Publicité (IDCC 86)
- Travaux publics (IDCC 1702, 2614)
- Plasturgie (IDCC 292)
- Industries chimiques (IDCC 44)
- Industrie pharmaceutique (IDCC 176)
- Télécommunications (IDCC 2148)
- Fleuristes et animaux familiers (IDCC 1978)
- Négoce de l'ameublement (IDCC 1880)
- Commerce de détail alimentaire spécialisé (IDCC 3237)
- Banque (IDCC 2120)
- Enseignement privé non lucratif (IDCC 3218)
La vôtre n'y figure pas encore ? L'audit de conformité en fait le tour en quelques jours, sur la version en vigueur de votre convention.
OMNIVIA est un agent général d'assurance immatriculé à l'ORIAS, mandaté par AXA sur le marché des entreprises. Notre conseil n'est donc pas fondé sur une analyse impartiale du marché, et nous l'annonçons avant tout engagement.
Questions fréquentes
Comment savoir quelle convention collective s'applique à mon entreprise ?
Par l'activité principale réellement exercée, dont le code APE n'est qu'un indice : c'est l'activité qui rattache à un identifiant de convention (IDCC), mentionné sur les bulletins de paie. Les erreurs de rattachement existent, surtout après une évolution d'activité, et elles faussent toutes les obligations sociales qui en découlent, prévoyance comprise.
Que peut imposer une convention collective en prévoyance ?
Des garanties minimales par risque (décès, incapacité, invalidité, rente éducation), des taux de cotisation planchers et leur répartition employeur-salarié, des collèges distincts pour les cadres et les non-cadres, un maintien de salaire amélioré, et parfois la recommandation d'un ou plusieurs organismes assureurs avec un régime négocié.
Une recommandation de branche oblige-t-elle à choisir cet assureur ?
Non : depuis la fin des clauses de désignation, l'employeur choisit librement son organisme. Il reste tenu de respecter les garanties et taux minimaux de la branche, quel que soit l'assureur retenu. La recommandation se compare : elle est parfois très compétitive sur le socle conventionnel, parfois moins pertinente au-delà.
Que risque une entreprise en dessous du minimum conventionnel ?
En cas de sinistre, elle doit la différence : un salarié ou ses ayants droit peuvent réclamer à l'employeur les prestations que le régime de branche aurait servies, au-delà de ce que verse le contrat souscrit. S'y ajoutent les rappels de cotisations et le risque prud'homal. La non-conformité conventionnelle est une dette latente, pas une économie.
Les grilles de branche changent-elles souvent ?
Oui, par avenants réguliers : revalorisation des garanties, évolution des taux, extension aux non-cadres, changement d'organisme recommandé. Un contrat conforme à sa souscription peut cesser de l'être sans qu'aucun signal ne parvienne à l'entreprise. D'où l'intérêt d'une vérification annuelle, à chaque échéance du contrat.
Pour aller plus loin
- La prévoyance obligatoireL'articulation branche + obligation cadres.
- Le maintien de salaireLe poste que les branches améliorent le plus.
Nos autres expertises
- La mutuelle d'entrepriseLes minima santé de branche, l'autre versant.
Votre contrat est-il aligné sur la grille actuelle de votre branche ?
Nous extrayons la grille prévoyance et santé de votre convention, à sa version du moment, et la confrontons ligne à ligne à vos contrats.
