La retraite supplémentaire : compenser ce que les régimes obligatoires ne serviront pas
Base, complémentaire, supplémentaire : le troisième étage est le seul que l'entreprise contrôle. À mesure que le taux de remplacement des cadres s'érode, il passe du statut d'avantage périphérique à celui d'argument de recrutement.
Les trois étages du système, et celui que vous contrôlez
La retraite d'un salarié du privé s'empile en trois étages : la retraite de base de la Sécurité sociale, la complémentaire Agirc-Arrco, toutes deux obligatoires et financées par répartition, et la retraite supplémentaire, facultative, construite par l'entreprise en capitalisation : PER obligatoire pour une catégorie, PER collectif pour tous, régimes à prestations définies pour des populations ciblées. L'entreprise ne peut rien aux deux premiers étages ; le troisième est entièrement entre ses mains.
Le problème que cet étage résout : le taux de remplacement
Le taux de remplacement, rapport entre la première pension et le dernier salaire, décroît fortement avec la rémunération : correct pour les salaires modestes, il chute pour les cadres dont une part croissante du salaire dépasse le plafond de la Sécurité sociale, où les droits s'acquièrent moins vite. Un cadre supérieur peut perdre près de la moitié de son revenu en liquidant ses droits. C'est cet écart, connu et croissant, que la retraite supplémentaire vient combler, et c'est pourquoi elle pèse de plus en plus dans les négociations d'embauche des profils expérimentés.
La boîte à outils, du plus simple au plus engageant
- Le PER collectif : ouvert à tous, alimenté par l'épargne salariale et l'abondement, sans engagement de long terme de l'employeur. Le premier étage à poser, pour installer l'outil et le réflexe.
- Le PER obligatoire : des cotisations définies pour une catégorie objective, l'instrument du complément structurel, cadré par son acte fondateur et son régime social propre.
- Les prestations définies : la promesse d'un niveau de retraite, réservée en pratique aux dirigeants et cadres stratégiques, dans le cadre rénové en 2019 à droits acquis annuels.
Les trois se combinent, mais l'ordre compte : généraliser d'abord, cibler ensuite, promettre en dernier. Et avant tout cela, financer ce qui est déjà dû : les indemnités de fin de carrière, engagement certain que trop d'entreprises laissent découvert pendant qu'elles réfléchissent au facultatif.
Construire l'étage supplémentaire : la démarche
- Mesurer : les taux de remplacement projetés de vos catégories de personnel, sur leurs rémunérations réelles. C'est le diagnostic qui dimensionne tout.
- Vérifier la branche : certaines conventions organisent déjà un régime ou imposent des cotisations dédiées.
- Arbitrer le budget : entre abondement du PER collectif et cotisations d'un PER obligatoire, à coût complet comparé, forfait social compris.
- Formaliser et expliquer : l'acte fondateur d'un côté, la pédagogie de l'autre. Une retraite supplémentaire que les salariés ne savent pas lire ne retient personne.
Sur la gamme de la compagnie, l'ensemble se pilote d'un seul tenant, avec les mêmes données sociales que vos autres régimes et un point annuel qui suit les encours, les taux de remplacement et les évolutions réglementaires. La retraite supplémentaire est un engagement de vingt ans : il mérite un pilotage à la même échelle.
OMNIVIA est un agent général d'assurance immatriculé à l'ORIAS, mandaté par AXA sur le marché des entreprises. Notre conseil n'est donc pas fondé sur une analyse impartiale du marché, et nous l'annonçons avant tout engagement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la retraite supplémentaire ?
Le troisième étage du système : au-dessus de la retraite de base de la Sécurité sociale et de la complémentaire Agirc-Arrco, tous deux obligatoires et par répartition, la retraite supplémentaire regroupe les dispositifs facultatifs mis en place par l'entreprise, par capitalisation : PER obligatoire, PER collectif, et régimes à prestations définies.
Pourquoi mettre en place une retraite supplémentaire ?
Parce que le taux de remplacement des régimes obligatoires décroît avec le niveau de rémunération : un salarié au plafond de la Sécurité sociale et au-delà perd à la retraite une part de revenu bien supérieure à celle d'un salarié au SMIC. La retraite supplémentaire cible précisément cet écart, avec un traitement social et fiscal favorable pour l'entreprise.
Cotisations définies ou prestations définies : quelle différence ?
À cotisations définies (PER obligatoire, PER collectif), l'employeur s'engage sur ce qu'il verse ; la retraite servie dépend de l'épargne accumulée. À prestations définies, il s'engage sur un niveau de retraite, à sa charge d'en financer la promesse ; ces régimes, réformés en 2019 avec des droits acquis année par année, se réservent à des populations ciblées.
La retraite supplémentaire est-elle obligatoire dans certaines branches ?
Quelques conventions collectives imposent ou organisent un régime de retraite supplémentaire, et certaines prévoient des cotisations dédiées. C'est un point à vérifier dans la grille de votre branche, comme pour la prévoyance : une obligation conventionnelle ignorée se paie au premier contentieux ou contrôle.
Par où commencer dans une PME ?
Par le PER collectif adossé à l'épargne salariale, qui installe l'outil pour tout l'effectif à coût maîtrisé, puis par un PER obligatoire pour la catégorie dont la perte de taux de remplacement est la plus forte, typiquement les cadres. Les régimes à prestations définies viennent en dernier, pour des situations spécifiques de direction.
Pour aller plus loin
- Le PER obligatoireL'outil à cotisations définies pour une catégorie.
- Le PER collectifL'outil ouvert à tous, adossé à l'épargne salariale.
Nos autres expertises
- Les indemnités de fin de carrièreL'engagement retraite déjà dû, à financer d'abord.
Que perdront vos salariés à la retraite ?
Nous calculons les taux de remplacement de vos catégories de personnel et dimensionnons l'étage supplémentaire qui comble l'écart, à budget donné.
