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229 milliards d'encours : ce que le record de l'épargne salariale dit aux employeurs

L'enquête annuelle de l'Association française de la gestion financière, publiée le 19 mars 2026, mesure l'épargne salariale et l'épargne retraite d'entreprise à 229,4 milliards d'euros d'encours fin 2025, en hausse de 14,7 % sur un an. Derrière le chiffre global, plusieurs enseignements concrets pour les entreprises qui ont, ou n'ont pas encore, un dispositif. (Publié en septembre 2026.)

Les chiffres de l'enquête AFG, en clair

Fin 2025, les encours atteignent 229,4 milliards d'euros, un niveau jamais mesuré, porté par la collecte et par la valorisation des marchés. La collecte brute s'établit à 23,4 milliards d'euros sur l'année, en progression de 1,7 milliard par rapport à 2024. Le nombre de comptes de salariés épargnants atteint 13,2 millions, en hausse de 402 000 sur un an, et l'avoir moyen détenu par compte s'établit à 17 100 €.

Cette diffusion doit beaucoup à la loi partage de la valeur : depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés qui ont dégagé un bénéfice net d'au moins 1 % du chiffre d'affaires sur trois exercices consécutifs doivent mettre en place au moins un dispositif, intéressement, participation, abondement ou prime de partage de la valeur. Une partie des nouveaux comptes ouverts en 2025 vient précisément de ces structures qui n'avaient jamais rien distribué.

Ce que le record change dans le rapport de force salarial

Un avoir moyen de 17 100 € n'est pas un gadget de fiche de paie : c'est un élément de patrimoine que 13,2 millions de salariés voient sur leur relevé chaque année. Dans les secteurs où les candidats comparent les offres, l'absence de tout dispositif d'épargne salariale devient un écart visible face aux concurrents qui en ont un, au même titre qu'une mutuelle bien financée ou qu'un plan de retraite d'entreprise.

Pour l'employeur, le levier reste économiquement singulier : une prime d'intéressement ou un abondement supporte un régime social allégé par rapport au salaire, dans les conditions et limites en vigueur, et la somme placée sur un plan d'épargne entreprise bénéficie au salarié en franchise d'impôt sur le revenu après la période de blocage. Peu d'outils de rémunération offrent ce rendement net pour l'entreprise comme pour le bénéficiaire.

Trois questions à se poser à la rentrée

Première question, pour les entreprises de 11 à 49 salariés : l'obligation de partage de la valeur est-elle remplie si les trois derniers exercices sont bénéficiaires ? Le contrôle est simple à faire et l'écart simple à combler, une prime de partage de la valeur suffisant à satisfaire l'obligation l'année où elle s'applique.

Deuxième question, pour celles qui ont déjà un accord : la formule distribue-t-elle réellement ? Un accord d'intéressement dont les objectifs ne sont jamais atteints ne produit ni prime, ni effet de fidélisation, et se renégocie. Troisième question, pour toutes : l'épargne distribuée est-elle accompagnée ? Un plan avec abondement mais sans information des salariés laisse des droits inutilisés ; les chiffres de l'AFG montrent que les salariés s'en saisissent quand le dispositif leur est expliqué.

Notre méthode sur les sujets d'actualité

Chaque article de ce blog suit la même discipline que le reste du site : les chiffres et les dates sont vérifiés sur les publications disponibles au jour de la rédaction, la version en vigueur des textes fait seule foi, et ce qui relève du projet ou de la rumeur est présenté comme tel. Quand une échéance concerne votre entreprise, la marche à suivre ne change pas : vérifier votre rattachement conventionnel, confronter vos contrats et vos actes aux textes du moment, chiffrer l'écart éventuel, puis corriger par avenant en informant vos salariés. C'est un travail borné, que nous menons avec votre expert-comptable quand le sujet croise la paie ou la fiscalité, et qui transforme une actualité anxiogène en liste de décisions datées.

OMNIVIA est un agent général d'assurance immatriculé à l'ORIAS, mandaté par AXA sur le marché des entreprises. Notre conseil n'est donc pas fondé sur une analyse impartiale du marché, et nous l'annonçons avant tout engagement.

Questions fréquentes

D'où viennent ces chiffres ?

De l'enquête annuelle de l'Association française de la gestion financière (AFG) sur l'épargne salariale et l'épargne retraite d'entreprise, publiée le 19 mars 2026 et portant sur les données arrêtées à fin 2025. C'est la mesure de référence du secteur.

Le record profite-t-il surtout aux grandes entreprises ?

Les grandes entreprises concentrent historiquement les encours, mais la progression du nombre de comptes en 2025 doit beaucoup aux structures de 11 à 49 salariés entrées dans le champ de l'obligation de partage de la valeur au 1er janvier 2025. La diffusion vers les PME est précisément le mouvement en cours.

Mon entreprise de moins de 11 salariés est-elle obligée de s'équiper ?

Non, aucune obligation ne s'applique en dessous de 11 salariés. Rien n'interdit en revanche de mettre en place un intéressement ou un plan d'épargne volontairement : les régimes social et fiscal sont les mêmes, et les exonérations de forfait social des petites entreprises rendent le dispositif particulièrement peu chargé.

Épargne salariale et épargne retraite, est-ce la même enquête ?

L'AFG agrège les deux : plans d'épargne entreprise d'un côté, plans d'épargne retraite collectifs de l'autre. Les 229,4 milliards couvrent l'ensemble. Pour l'employeur, les deux se pilotent d'ailleurs ensemble, l'un servant les projets à moyen terme, l'autre la retraite.

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